Dossier Aide humanitaire - Colonialisme humanitaire

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Articles

Dossiers

Revues

  • Charivari
  • Humanitaire
  • Avril-juin 2009, L’humanitaire XIXe-XXIe siècle, Le Mouvement Social n°227
  • 2008, Care, compassion et humanitarisme, Revue du MAUSS n°32
  • 2004, La question humanitaire, Cemoti n° 29
    L'humanitaire est de ces sujets qui «font recette» et ont suscité, ces dernières années, une littérature abondante mais souvent décevante. Par-delà les inégalités entre les contributions qu'il réunit, le dossier que Philippe Ryfman a coordonné pour les CEMOTI a le mérite d'échapper à cette règle pour deux raisons majeures. Alors que l'essentiel des travaux de ces dernières années a porté sur l'Afrique sub-saharienne et les Balkans, la région couverte ici a été relativement délaissée. Elle a pourtant été le théâtre d'événements qui ont marqué l'histoire récente de l'humanitaire : Afghanistan, Arménie et Kurdistan irakien (rendu célèbre par la résolution 688 du Conseil de sécurité des Nations Unies). Par ailleurs, ce dossier a le courage d'aborder de front des enjeux cruciaux de l'humanitaire que le «politiquement correct» empêche trop souvent de traiter au fond. De ce point de vue, les praticiens de l'humanitaire se montrent généralement beaucoup plus téméraires et lucides que les analystes qui s'auto-censurent (ou sont censurés) parce que «dire du mal» de l'humanitaire est souvent mal vu. Comme si le rôle du chercheur relevait du registre de la morale et ne consistait pas simplement, avec toute l'exigence éthique que cela suppose, à essayer de poser des questions si possible pertinentes quitte à mettre le doigt là où ça fait mal…
    POULIGNY Béatrice et BENBASSA Esther, L'humanitaire à l'aune du politiquement incorrect, Cemoti n° 31
  • Janvier 2001, Devenirs militants, Revue française de science politique n°51
  • 2001, RYFMAN Philippe, L'action humanitaire, Problèmes politiques et sociaux - La Documentation française

Livres

  • Bibliographie :
    - Cerphi
  • AGIER Michel, Gérer les indésirables - Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire, Flammarion, 2008 [ Article11 - Bistrot des ethnologues - La vie des idées - Le Mouvement Social - Médecins Sans Frontières - TERRA]
    Selon les chiffres officiels, cinquante millions de personnes dans le monde sont « victimes de déplacements forcés » : réfugiés, demandeurs d’asile, sinistrés, tolérés, déplacés internes…, les catégories d’exclus se multiplient, mais combien d’autres sont ignorées : retenus, déboutés, clandestins, expulsés… Face à ce drame, l’action humanitaire s’impose toujours plus comme la seule réponse possible. Sur le terrain, pourtant, le « dispositif » mis en place rappelle la logique totalitaire : permanence de la catastrophe, urgence sans fin, mise à l’écart des « indésirables », dispense de soins conditionnée par le contrôle, le filtrage, le confinement ! Comment interpréter cette trouble intelligence entre la main qui soigne et la main qui frappe ?
    Une critique radicale des fondements, des contextes et des effets politiques de l’action humanitaire.
  • ANDLAU Guillaume d', L'action humanitaire, QSJ PUF, 1998 [IRIS]
    L'auteur présente l'histoire de l'action humanitaire, son évolution ainsi que les défis auxquels elle est confrontée quotidiennement. Autant d'obstacles dressés devant l'engagement et le dévouement humanitaires d'hommes et de femmes nous conduisent à nous interroger sur les leçons à tirer de situations récentes.
  • BRAUMAN Rony, Penser dans l'urgence - Parcours critique d'un humanitaire, Seuil, 2006 [Alternatives Internationales - Portrait par René Naba]
    Figure emblématique de l'action humanitaire, Rony Brauman fut longtemps président de l'association Médecins sans frontières. En plus de ses innombrables missions sur le terrain, aux quatre coins du monde, il s'est fait connaître par la réflexion critique qu'il a élaborée, au fil des ans, sur l'humanitaire lui-même et ses limites.
  • DESTEXHE Alain, L’humanitaire impossible - Deux siècles d'ambiguïté, Dalloz - Sirey, 1993 [IRIS]
    L’auteur montre, à l'aide d'exemples concrets, que la controverse et l'ambiguïté ont toujours accompagné l'action humanitaire sous sa forme moderne.
  • EMMANUELLI Xavier, Les prédateurs de l’action humanitaire, Albin Michel, 1991 [IRIS]
    Xavier Emmanuelli s’insurge contre les mises en scène médiatiques et la récupération de l’action humanitaire devenue spectacle.
  • FLOQUET Michel, COQ Bertrand, Les tribulations de Bernard K. en Yougoslavie ou l'imposture humanitaire, Albin Michel, 1993 [IRIS - Michel Collon]
  • GOUTEUX Jean-Paul, La nuit rwandaise - L'implication française dans le dernier génocide du siècle, L'esprit Frappeur, 2002 [La Nuit rwandaise]
    Le drame rwandais est un exemple moderne de la collusion entre les pouvoirs politiques et les médias au Rwanda comme en France. Il met en lumière les conséquences que peut avoir le contrôle de ce quatrième pouvoir par les autorités politiques et militaires. Au Rwanda on connaît le rôle de journaux tel Kangura et l'efficacité de la RTLM, la radio des Mille Collines. En France, le travail des médias, à part quelques exceptions, a été effrayant de soumission et de complaisance. J'ai déjà évoqué le rôle du plus illustre des journaux français, Le Monde. La présentation du génocide comme un vulgaire et récurrent conflit interethnique, une lutte tribale atavique au cœur de l'Afrique était le thème imposé. Sans cette dissimulation, il est certain qu'un drame raciste de cette ampleur aurait déclenché dès les premiers jours l'indignation générale, ce qui aurait rendu sa réalisation impossible.
    La négation du génocide est aujourd'hui en France la conséquence de cette implication française. La compromission des dirigeants français avec les auteurs de ce génocide entraîne de multiples conséquences. La presse française est inféodée au pouvoir, ce génocide l'a montré. Les hommes politiques ne cherchent pas à connaître la vérité, la Mission parlementaire l'a montré. La négation est explicitement ou implicitement soutenus par tous ceux qui n'ont voulu voir dans le génocide qu'une guerre civile dont ils avaient choisi un camp, tous ceux qui ont au moins montré par ce choix leur irresponsabilité et leur incompétence gravissime. J'écris "au moins" pour ne pas faire de procès d'intention, mais le "pire" doit être envisagé, comme doit être évoqué ici le passé d'extrême droite ou les affinités extrémistes toujours actuelles de certains de ses acteurs. Ces experts, ces conseillers, ces "connaisseurs de l'Afrique", ces chantres de la coopération française issus de l'université et des grandes écoles françaises se targuent d'être des "décideurs". Ils refusent évidemment de reconnaître leur implication et encore moins de l'assumer. La négation ou le révisionnisme est alors une échappatoire, une solution simple et efficace, évitant tout mise en cause.
    Le principal responsable des armées et des politiques était alors François Mitterrand. Il a pu sur cette affaire du Rwanda renouer avec son passé de militant de la droite la plus extrême et assumer une idéologie qu'il a dissimulée mais n'a sans doute jamais répudiée, comme l'atteste ses amitiés et diverses affaires. Derrière Mitterrand, il y a tous les services secrets français, l'état major militaire, tous ceux qui l'informaient, qui informaient son ministre de la Défense et celui des Affaires étrangères. Ces agents des divers services sont toujours là, en place, toujours actifs et n'ont jamais été critiqués, désavoués encore moins privés de leurs fonctions Des fonction cruciales de décision et d'information. L'Etat s'abrite derrière le secret d'Etat. La négation et/ou le camouflage du génocide rwandais est, pour ces "hommes de l'ombre", un devoir imposé.
  • MBONDA Ernest-Marie, L'action humanitaire en Afrique - Lieux et enjeux, Archives contemporaines, 2008 [BooksGoogle]
    L'action humanitaire renvoie, à première vue, à l'exigence de charité défendue par toutes les religions et les philosophies humanistes. Mais l'humanitaire de notre temps ne concerne plus apparemment les simples gestes ordinaires de don d'une pièce de monnaie à un démuni qui nous tend la main, ou d'une assistance à une personne victime d'un accident... C'est que, en fait, il implique non plus seulement des individus isolés, mais des institutions, des Etats, des organisations internationales (gouvernementales ou non gouvernementales). Du coup, on se retrouve dans un univers où se mêlent élans de générosité, stratégies géopolitiques, calculs économiques, tapages ou silences médiatiques... Il n'est finalement pas aisé de démêler l'écheveau de l'action humanitaire, d'en comprendre clairement les ressorts, les mécanismes et les enjeux. La présente étude s'inscrit dans la lignée de celles qui existent déjà, et s'efforce d'y apporter sa contribution par une synthèse à visée pédagogique sur quelques-uns des différents points qui se dessinent maintenant comme les principaux sujets de réflexion sur l'action humanitaire: le concept, les fondements, les acteurs, et les dilemmes éthiques. Cette synthèse est l'objet de la première partie de l'ouvrage. Le second intérêt de ce travail se trouve dans sa deuxième partie, consacrée à des études de cas. Ici, ce sont des étudiants qui, tout en s'initiant à la réflexion sur des situations humanitaires concrètes, contribuent, par la description et l'analyse d'un certain nombre de cas choisis en Afrique, à la mise en lumière des situations humanitaires relativement moins médiatisées, à côté des exemples classiques de crises humanitaires devenus des lieux communs des théories de l'action humanitaire.
  • PECH Thierry, PADIS Marc-Olivier, Multinationales du coeur - Les ONG, la politique et le marché, Seuil, 2004 [Critique internationale]
    Les grandes organisations non gouvernementales (ONG) comme Greenpeace, MSF ou Oxfam ne forment pas un monde à part à l’abri du pouvoir et des eaux glacées du marché. Au contraire, elles s’inscrivent bien souvent dans un large réseau de relations avec les États, les institutions internationales et les grandes entreprises. Autrement dit, les lignes de démarcation d’hier sont devenues des espaces mitoyens où les « multinationales du cœur » nouent volontiers des collaborations avec leurs nouveaux voisins. Cette face cachée de leur travail est le laboratoire d’une vaste redistribution des rôles entre les acteurs publics, la sphère marchande et la société civile. À l’écart des oppositions routinières et des procès faciles, cet essai tente de penser la complexité et la fécondité de ces relations. Car les grandes ONG y œuvrent de concert à la redéfinition des stratégies d’action publique, à la recherche d’une légitimité internationale et à l’expérimentation de nouvelles régulations du capitalisme. Un jeu où les adversaires supposés sont parfois les meilleurs alliés. Et inversement.
  • PÉROUSE DE MONTCLOS Marc-Antoine, L'aide humanitaire, aide à la guerre ?, Complexe, 2001 [BiblioMonde - Cahiers d'études africaines]
    Dans la question des situations de crise et d'urgence, l'aide humanitaire a pris une telle importance qu'elle est devenue, à sa manière, un acteur à part entière de la scène internationale, pour ne pas dire un "lobby". Pourtant, des enquêtes de terrain révèlent de nombreux dysfonctionnements quant à la mise en oeuvre de la distribution des secours. Dans des économies de guerre civile en effet, l'intervention humanitaire ne peut jamais être politiquement neutre. Pire encore, elle s'avère, de part sa puissance logistique, nourrir les conflits et contribuer leur prolongation; la question se pose donc de savoir dans quelle mesure les effets pervers de l'aide humanitaire l'emportent sur les bénéfices attendus pour les populations dans le besoin.

    Se défendant de tirer sur l'ambulance, l'auteur, chargé de recherche à l'Institut de recherche sur le développement (IRD), entend se livrer à une critique constructive de l'aide humanitaire dans les zones de guerre. Exemples à l'appui, il montre comment elle peut se révéler un facteur structurant des conflits, les belligérants rackettant les organisations non gouvernementales (ONG) et encadrant politiquement les réfugiés dans les camps. L'aide est ainsi susceptible d'exacerber les tensions en attisant les compétitions pour l'accès à des ressources rares. Avec la fin de la guerre froide et des appuis extérieurs, les civils sont devenus des enjeux stratégiques aux yeux des combattants, l'aide internationale apportant "de l'oxygène à un conflit qui serait resté en vase clos". Pour l'auteur, quand l'aide n'est qu'un soin palliatif sans résolution des causes politiques du problème, il faut savoir partir et travailler en amont des crises, par exemple en muselant les marchands de canons. Le véritable défi à venir pour les ONG serait donc de connaître le seuil où les effets pervers l'emportent sur les effets bénéfiques, le sauvetage d'une vie aujourd'hui se traduisant par le sacrifice de dix demain.
  • REIDIBOYM Marc, Donateurs, si vous saviez..., Bertrand Gobin, 2009 [Eco89 - Metro]
    « A vot'bon coeur, m'sieurs dames ! » Chaque année, les associations vivant de la générosité des Français engrangent près de 3 milliards d'euros. Cet argent est-il bien utilisé ? Ces organismes sont-ils gérés avec rigueur et transparence ? Le donateur peut-il vraiment se fier aux labels censés garantir le bon usage des fonds ? Reconnues et admirées, les grandes associations mènent de justes combats. Sur le terrain, les besoins vont croissant. Mais cela autorise-t-il opacité et arrangements ? Fruit de deux années d'enquête, cet ouvrage plonge le lecteur dans les arcanes d un secteur aux méthodes parfois surprenantes. Un secteur qui recourt sans complexe aux techniques marketing les plus débridées, n'hésitant pas à culpabiliser le public au besoin. Au travers des exemples du Téléthon et des Restos du coeur, l'auteur dévoile également la face cachée des grands-messes télévisuelles. A l'écart des caméras qui mettent en scène l'émotion, les zones d'ombre ne manquent pas.
  • RUFIN Jean-Christophe, Le piège humanitaire, Lattès, 1986 [IRIS]
    À partir d'exemples concrets et contemporains, l'auteur explique comment se passe dans la pratique la rencontre de l'humanitaire et du politique. Il procède à une série d'études de cas comportant toutes les problématiques de l'aide aux guérillas, l'aide en situation de révolution, l'aide à l'occasion de catastrophes que des États tentent d'exploiter. Par delà les crises particulières évoquées, il révèle que les secours d'urgence, dans « des îlots de drame total », sont un extraordinaire enjeu de pouvoir.
  • RYFMAN Philippe, Une histoire de l'humanitaire, La Découverte, 2008
    Trop de visions segmentées occultent la réalité complexe de l'humanitaire - facteur déterminant pourtant de la survie et du rétablissement de la dignité de millions de personnes et lieu de l'engagement de centaines de milliers d'autres. Pour la saisir, de même que ses enjeux et frontières, il faut revisiter d'abord sa généalogie. Puis en montrer les émergences successives, les transformations et mutations progressives et les dynamiques à travers ses acteurs non gouvernementaux ou publics, avec le recul de bientôt un siècle et demi d'existence. Plutôt que de s'inscrire dans une simple linéarité chronologique, la démarche se veut à la fois panoramique et prospective, afin de penser le présent à partir d'éléments historiques. Dans un contexte international marqué par la globalisation et l'anomie, les conflictualités et les risques climatiques ou de catastrophes naturelles survenant sur une planète de plus en plus urbanisée et peuplée, les besoins humanitaires ne devraient en effet pas décroître.
  • RYFMAN Philippe, Les ONG, La Découverte, 2004 et 2009 [Amazon - Revue du Mauss]
    Les organisations non gouvernementales (ONG) sont très présentes dans l’actualité mondiale – nationalement comme internationalement – mais finalement assez mal connues. Les dénonciations caricaturales alternant avec les hagiographies sans nuances dont elles sont fréquemment l’objet ne facilitent pas leur analyse. D’autant que, si une abondante littérature sur les ONG existe, la recherche demeure encore lacunaire. Ce livre s’attache donc, après avoir montré l’inscription des ONG dans une histoire déjà longue, à souligner l’ambiguïté du concept, laquelle n’est nullement contradictoire avec un fort activisme, investissant continuellement des champs nouveaux. Il s’efforce de répondre aux principales questions les concernant : financement, sociologie, gestion, management, valeurs, construction d’une identité collective, concurrence entre organisations, professionnalisation, légitimité, transparence, gouvernance, place dans la « société civile », transnationalisation et réseaux internationaux. Enfin, si la montée en puissance des ONG du Sud et des pays émergents symbolise une planétarisation croissante – que traduit aussi l’émergence d’une diplomatie non gouvernementale – de ces acteurs au sein d’un monde globalisé mais en crise, ils sont désormais en butte à l’hostilité manifeste d’un nombre croissant d’États. Cette nouvelle édition a donné lieu à une révision complète et à une mise à jour, tandis que de larges remaniements ont été apportés aux chapitres IV à IX et à la conclusion.
  • RYFMAN Philippe, La question humanitaire - Histoire, problématiques, acteurs et enjeux de l'aide humanitaire internationale, Editions Ellipses, 1999
    L'Humanitaire est devenu un phénomène de société et une donnée de poids dans les relations internationales. Philippe Ryfman éclaire la genèse et les mécanismes de fonctionnement d'un véritable pôle humanitaire Organisations non gouvernementales et internationales, Croix-Rouge et États - qui a considérablement évolué depuis le début de la décennie 90, et qui s'est montré tout autant capable de créer des synergies bienfaisantes qu'une concurrence parfois malvenue.
    Avec le souci d'une nécessaire prise de distance par rapport à l'actualité, La question humanitaire brosse le portrait des acteurs ainsi que de personnalités marquantes du pôle humanitaire, dresse un bilan des actions marquantes et fait l'état des lieux des questions soulevées par l'aide humanitaire internationale.
    S'inscrivant dans la tradition de l'analyse de l'humanitaire à la française, l'auteur offre un outil de compréhension aux étudiants en quête d'information et de formation autant qu'aux chercheurs, décideurs et professionnels désireux de comprendre le poids croissant de l'Humanitaire dans notre monde, ainsi plus globalement qu'à tout public soucieux de connaître le dessous des cartes de la question humanitaire.
  • SENARCLENS Pierre de, L'humanitaire en catastrophe, Presses de Sciences Po, 1999 [Irenees - IRIS]
    « On peut affirmer que les tragédies humanitaires ont un avenir assuré » : telle est l'une des conclusions de l'ouvrage de Pierre de Senarclens qui retrace les contradictions internes de l'action humanitaire. L'auteur ne se limite pas à retracer l'histoire de l'humanitaire depuis Henri Dunant jusqu'aux bombardements de l'OTAN en 1999, mais en exemplifie les plus grandes critiques et évolutions. Il analyse les origines de l'humanitaire depuis son acceptation dans le champ de la charité, à travers sa sécularisation et vers sa socialisation au XIXe siècle jusqu'à la création d'organisations internationales. Depuis les années 80, les interventions humanitaires des grandes puissances, des organisations internationales et des acteurs transnationaux s'intensifient. L'humanitaire devient une ressource politique comme une autre pour les États et une composante importante de la politique étrangère des pays occidentaux. Cependant, bien que les cellules de crises humanitaires se multiplient, la résolution de ces problèmes reste toujours précaire.
  • TROUBÉ Christian, L'humanitaire, un business comme les autres ?, Larousse, 2009 [France-Soir - Humanitaire]
    Les ONG humanitaires sont présentes sur tous les théâtres de la souffrance humaine et jamais leur rôle n'a paru plus justifié. Pour autant l'idée d'un humanitaire sans frontières, indépendant des États, financés par des dons privés et alertant l'opinion internationale sur les drames en coursa du plomb dans l'aile. Surenchère dans l'émotion, professionnalisation qui transforme les ONG en PME, dérives en tous genre dont témoigne le cas de l'Arche de Zoé : autant de signes alarmants... Devenu un marché dont on se dispute les parts à coups de campagnes marketing, l'humanitaire n'est-il pas en train de perdre son âme ?
  • TROUBÉ Christian, Les forcenés de l’humanitaire - Les leçons de l’Arche de Zoé, Autrement, 2008 [Humanitaire]
    Quelles leçons le milieu de l'humanitaire peut-il tirer de l'affaire de l'Arche de Zoé ? Pour beaucoup de ses acteurs, une des façons les plus expéditives de répondre est : "Aucune." L'Arche de Zoé est atypique, vous explique-t-on catégoriquement dans certaines ONG importantes. Les membres de cette petite association inconnue ont voulu faire un coup. Ils ont pris pour argent comptant la propagande de Sauver le Darfour. Ils ont été encouragés par les "politiques"du Quai d'Orsay et ont cru qu'ils allaient sauver le Darfour à eux tous seuls. Sur place, ils ont menti à tout le monde. Ils ont utilisé le symbole de l'enfant martyr pour remuer les foules, ont raconté une histoire impossible à des familles au grand cœur et ont complètement bafoué les règles du droit international. Ils n'ont aucune éthique. Et puis, poursuivent les professionnels de la solidarité internationale, l'Arche de Zoé, ce n'est pas de l'humanitaire, mais du plagiat d'humanitaire. L'humanitaire, aujourd'hui, se professionnalise, il gère d'énormes budgets et sait s'autoréguler. Il est plutôt efficace, soutenu aussi bien par les donateurs privés que par les institutions internationales. Et si, cependant, il nous fallait tous méditer les leçons de l'Arche de Zoé ?

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Dossier créé le 22/01/2010 et mis à jour le 15/01/2018
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