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Claude BONNEFOY

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À propos de l'édition de cette page

En préparant une étude de cas sur la réception de Ronceraille, je me suis rendu-compte que l'auteur fictif de ce pastiche ou parodie littéraire avait le droit d'être cité dans Wikipédia, mais pas l'auteur réel dont les articles et les ouvrages font pourtant autorité.

J'ai réalisé une recherche documentaire dans ma bibliothèque puis sur internet. Ma documentation papier se révèle plus abondante que celle accessible en ligne, mais reste bien maigre pour écrire une biographie conséquente. J'ai donc sollicité La Quinzaine littéraire, mais en vain.

J'espère que davantage de lecteurs seront motivés pour compléter les manques (d'avance merci) que pour détruire le travail réalisé. Par précaution, je publie cette notice sur mon site Monde en Question.

02/03/2013
Serge LEFORT

Avertissement : Cette version contient plus d'informations que celle publiée sur Wikipédia : les résumés des articles sur Ronceraille - ce qui permet de constater que les médias dominants utilisent allègrement le copier-coller - et les résumés des ouvrages récents.


Le critique littéraire

Claude Bonnefoy (1929-1979), est un critique littéraire. Il a collaboré à plusieurs revues, a animé des collections littéraires et écrit de nombreux ouvrages dont certains sont encore réédités.

De formation universitaire, Claude Bonnefoy abandonna l'enseignement pour se consacrer au journalisme, d'abord à Arts, puis à La Quinzaine littéraire dont il fut membre du comité de rédaction durant plusieurs années[1] et enfin aux Nouvelles littéraires. Il a également crée ou animé des collections : "L'Univers des livres" aux Presses de la Renaissance, "Entretiens" chez Belfond ou "Les Inoubliables" chez Garnier.

Pendant presque vingt-cinq ans, il se consacra à la découverte, à la défense de tous les talents dans lesquels il percevait la présence dérangeante de la modernité : le Nouveau Roman, Eugène Ionesco ou Samuel Beckett. Car c'est cela qui importait à Claude Bonnefoy : l'impact d'un auteur sur la tradition, ce que son œuvre nous force à lire en nous, malgré nous[2].

C'est aussi dans la perspective d'une culture de la provocation que s'inscrit sa biographie fictionnelle - entre pastiche et parodie littéraire - sur Ronceraille dont Daniel Oster rendit compte ainsi : "C'est non seulement toute la mythologie sociale de l'écrivain qui est mise à mal, mais les prétentions scripturaires et critiques de la modernité elle même."[3]

Serge Fauchereau fit son éloge en ces termes : "Claude était l'homme le plus aimable qu'on ait pu rencontrer dans ces milieux littéraires souvent discutables. Jamais méchant, jamais mesquin ; les journaux littéraires, les revues auxquels il a collaboré le savaient bien."[4]

Enfin, Pierre Belfond publia en 1981 un recueil des articles les plus significatifs de Claude Bonnefoy[5].

Bibliographie

    Articles

      Claude Bonnefoy
      • 16/11/1969, «Un thème privilégié : l'enfance», La Quinzaine littéraire nº83
      • 16/01/1970, «Qu'est-ce que la littérature érotique ?», La Quinzaine littéraire nº87
      • 16/03/1970, «Du soldat Schveik à Kafka», La Quinzaine littéraire nº91
      • 01/01/1971, «Patrick White, "Le Mystérieux Mandala"», La Quinzaine littéraire nº109
      • 19/02/1973, ««Le triomphe de la fiction», Les Nouvelles littéraires
      • 24/04/1973, «Les pouvoirs de l'écriture, Les Nouvelles littéraires
      • 01/03/1974, «Le pari de la FNAC», La Quinzaine littéraire nº182
      • 01/04/1974, «L'édition en crise (I)», La Quinzaine littéraire nº184
      • 16/04/1974, «L'édition en crise (II) - Du papier cher et qui fait défaut», La Quinzaine littéraire nº185
      • 01/05/1974, «L'édition en crise (III) - Jérôme Lindon, Robert Laffont Deux conceptions de l'édition», La Quinzaine littéraire nº186
      • 16/05/1974, «L'édition en crise (IV) - Jérôme Lindon, Robert Laffont L'édition et le profit», La Quinzaine littéraire nº187
      • 01/06/1974, «L'édition en crise (V) - Les méthodes de distribution», La Quinzaine littéraire nº188
      • 16/06/1974, «L'édition en crise (VI) - Le poids de la distribution», La Quinzaine littéraire nº189
      • 01/07/1974, «L'édition en crise (VII) - Les méthodes de diffusion», La Quinzaine littéraire nº190
      • 16/07/1974, «L'édition en crise (VIII) - Vente par courtage, vente par correspondance», La Quinzaine littéraire nº191
      • 01/09/1974, «L'édition en crise (IX) - Les secrets de la correspondance», La Quinzaine littéraire nº193
      • 16/09/1974, «L'édition en crise (X) - Le nouveau visage des clubs», La Quinzaine littéraire nº194
      • 16/10/1974, «L'édition en crise (XI) - Les libraires : "L'ordinateur est une catastrophe"», La Quinzaine littéraire nº196
      • 01/11/1974, «L'édition en crise (XII) - Prix bloqués et hausses galopantes», La Quinzaine littéraire nº197
      • 01/01/1975, «La grande misère des "classiques" et des formats de poche», La Quinzaine littéraire nº201
      • 04/03/1975, «Suggestions télévision : Le bonheur d'écrire, La Libre Belgique
      • 29/09/1975, «La parodie comme une arme», Les Nouvelles littéraires
      • 10/03/1977, ««Les dames, vingt-cinq ans après», Les Nouvelles littéraires
      • 20/07/1978, «L'Enragé de Dominique Rolin», Les Nouvelles littéraires
      • 19/04/1979, «Aimez-vous Schwob ?», Les Nouvelles littéraires
      Ronceraille
      • 21/04/1978, La vie d'artiste, Apostrophes - INA
      • 1988, Henri Béhar, "Littéruptures", L'âge d'homme, p.230-242 [BooksGoogle]
      • 01/11/1995, Comment s'y prend un éditeur, L'Express
        Puisqu'on ne résiste pas à la tentation d'expliquer après coup, j'ai toujours attribué au titre français du roman de Colleen McCullough Les oiseaux se cachent pour mourir une force de persuasion sui generis et donc, un rôle déterminant dans son succès. Je me flattai, en toute modestie, d'avoir eu là une intuition géniale, quasi divine, jusqu'au jour où Claude Bonnefoy, qui avait publié au Seuil, quelques années auparavant, une anthologie de la poésie française, me fit un compliment ironique : Je ne vous savais pas si féru de poésie ''fin de siècle". Quel clin d'œil que cet hommage à François Coppée ! - Un clin d'œil à François Coppée ? répondis-je. A propos de quoi ? Je ne me souviens pas d'avoir lu une ligne de ce monsieur. - Mais, voyons, "Les oiseaux se cachent pour mourir", le titre de votre saga australienne, c'est le dernier vers de son poème le plus célèbre ! J'esquissai une moue qui montrait que je n'étais pas dupe : Ça ne vous suffit pas d'avoir créé de toutes pièces un nouveau Rimbaud, d'avoir inventé, avec quelques complices, un lieutenant Kijé de la poésie contemporaine et d'avoir ridiculisé la critique et l'Université (le centième volume de la collection ''Ecrivains de toujours" avait été consacré à un certain Marc Ronceraille, ''génie fauché dans la fleur de l'âge à l'aube du prix Nobel", ''poète grand parmi les plus grands", dont seul le concierge de la Société des gens de lettres se souvenait d'avoir lu quelques œuvres, jadis) ? Vous voulez me retirer la paternité d'un titre dont vous êtes jaloux ? Dois-je vous rappeler que Colleen McCullough ouvre son roman en évoquant une bien belle légende : il y aurait, en Australie, un oiseau qui, à l'instant de mourir, à la seconde même où il s'empale sur les rameaux épineux d'un arbre du désert, lance une mélodie sublime. J'ai cherché un équivalent français moins prosaïque que la traduction mot à mot du titre original, ''Les Oiseaux d'épine", et je suis assez fier de ma trouvaille. Que vient faire ici votre Sully Prudhomme ? - Coppée, pas Prudhomme ! Pouvez-vous patienter jusqu'à demain ?
        Le lendemain, je recevais la photocopie d'un poème de François Coppée, intitulé La mort des oiseaux... Je n'en citerai qu'un échantillon :
        Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
        A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois
        Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
        Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
        Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
        Est-ce que LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR ?
        J'étais ulcéré. Un professeur à lavallière avait sans doute obligé d'innocentes victimes de sept ou huit ans, dont je faisais partie, à apprendre par cœur ce mélo ornithologique et, quelques décennies plus tard, Colleen McCullough "bénéficiait" de ma réminiscence.
      • 2002-2004, Philippe Billé, Journal documentaire, p.15-16
        J'avais évoqué dans quelques pages de mon Journal documentaire, au mois d'octobre 2001, le canular littéraire de Ronceraille, écrivain supposé né à Saint-Jean-d'Angély en 1941 et mort dans les Alpes en 1973, en fait personnage inventé par le critique littéraire Claude Bonnefoy, qui lui avait consacré le centième volume de la collection Ecrivains de toujours (Seuil, 1978). Quelques échos me sont parvenus depuis lors. Tout d'abord deux courriers du journaliste Gilles Lapouge et deux autres de l'éditeur François Julien-Labruyère.
        De Gilles Lapouge, Paris, le 3 avril 2002 : Oui, j'ai bien connu, non point Ronceraille qui n'exista guère, mais Claude Bonnefoy, qui fut un excellent journaliste aux Nouvelles littéraires, puis à la Quinzaine où je l'ai rencontré. Il avait écrit cet ouvrage pour La Table Ronde, amusement de lettré, manière aussi de brocarder certaines manies de la critique des théoriciens de l'avant-garde. Pour je ne sais quel motif, La Table Ronde n'a plus voulu de ce manuscrit. Bonnefoy l'a alors proposé au Seuil, ce qui l'a obligé à ajouter à son texte un ensemble graphique. C'est alors qu'il m'a demandé ma tête, car j'étais à l'époque avec Pivot aux Guillemets et nous avions imaginé une fausse photo de cette émission. Tout cela dans l'extrême bonne humeur et un peu de puérilité – bonne chose. Vous observerez que ce texte porte le numéro Cent de la collection – cent peut sans doute se lire sans, en somme néant (mais je ne crois pas que le Seuil ait pensé à ça). Un souvenir : dans je ne sais plus quelle librairie, quand le représentant du Seuil vient décliner ses prochaines parutions des Ecrivains de toujours, il y avait deux titres, Bataille (n° 99 ou 101, je ne sais plus) et Ronceraille (n° 100). Le libraire contemple la liste, hoche la tête et dit (c'est Bonnefoy qui me l'a rapporté) : Ronceraille, pas de problème pour le vendre, mais ce Bataille... Bonnefoy est mort quelques années plus tard. Je l'aimais beaucoup.
        Du même, Paris, le 16 août 2002 : Malheureusement, j'ignore pourquoi Ronceraille est né à Saint-Jean d'Angély. Peut-être sa femme aurait-elle quelque souvenir mais je ne sais où elle habite. Si par hasard je trouve une piste, je vous le dirai.
        De François Julien-Labruyère, Nanterre, le 18 novembre 2002 : La supercherie de Ronceraille – fameuse car bien ciblée, en mêlant à la fois esprit des Charentes et tics de l'avant-garde littéraire du temps, est purement une idée de Bonnefoy, alors qu'il était tombé en panne à St-Jean d'Y. Il revenait de La Rochelle où habitait sa femme. Quant au Seuil, il était alors dirigé par Paul Flamand, originaire d'Aigre !
        Du même, Versailles, peu après : Concernant Ronceraille, je ne connais que mon Alambic de Charentes pour en faire mention à plusieurs reprises (...) Flamand et Mme Bonnefoy, Charentais pur beurre. C'est Flamand qui a eu l'idée d'une supercherie pour le n° 100 et c'est après une panne à St Jean que Bonnefoy lui a proposé l'idée
        .
      • 2003-2004, Stéphane Tufféry, Le pastiche littéraire, Le style mode d'emploi
        Dans l'ordre de la méta-littérature, le centième volume de la collection Écrivains de toujours, aux Éditions du Seuil, est mémorable. Publié en 1978 par Claude Bonnefoy, il est consacré à l'écrivain Marc Ronceraille (1941-1973), dont il ne cache rien : bibliographie, biographie, photographies, extraits, analyses. Le seul reproche qui pouvait être fait à l'ouvrage, et il le fut, était le choix dans cette illustre collection d'un auteur, qui, tout poète grand parmi les plus grands qu'il fût aux yeux de son biographe, semblait aux autres être un écrivain de second ordre. Et pour cause : Marc Ronceraille n'existait pas !
      • 10/05/2006, Pour saluer l'immortel Marc Ronceraille, Le Figaro,
        Avec l'active complicité de Denis Roche, membre du comité de lecture du Seuil où il dirigeait, entre autres, la fameuse collection de poche Écrivains de toujours, et de quelques copains mis dans la confidence (Bernard Pivot, Gilles Lapouge, Bertrand Poirot-Delpech, Philippe Sollers ou Robert Sabatier), Bonnefoy fit passer un de ses jeunes amis pour le beau et ténébreux Ronceraille, l'emmenant dans des cocktails littéraires où on le photographia en compagnie d'écrivains célèbres, lui inventant un passage à Apostrophes, ou encore une liaison tapageuse avec une actrice. En 1978, pour célébrer le numéro 100 d'Écrivains de toujours, le Seuil publia même un Ronceraille signé Claude Bonnefoy, juste entre Charles Dickens et Georges Bataille.. C'est le patron de l'époque lui-même, Paul Flamand, se souvient Denis Roche, qui soutint le projet, à la consternation générale du comité ! Dans son livre, fort sérieux en apparence, Bonnefoy rédigeait articles et études consacrés à l'oeuvre de sa créature, auteur en particulier d'un roman, L'Architaupe, publié en 1969 aux éditions du Lieu, rue Jacob, et qui obtint quatre voix au Goncourt. Ou encore des poèmes hermético-érotiques, caricaturant certaines expérimentations formelles à la mode dans les années 1970.
        À sa parution, l'ouvrage fit sensation. Nombre de critiques furent dupes, piégés par la réputation impeccable de Bonnefoy, et un feuilleton de Poirot-Delpech en personne dans Le Monde. Pivot, lui, invita Claude Bonnefoy sur le plateau d'Apostrophes. Mais il se crut obligé, à la fin de son émission, de -vendre la mèche
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      • 24/06/2008, Le faux en histoire, France Culture
        Marc Ronceraille un canular sans conséquences, un documentaire de Perrine Kervran, réalisé par Marie-Christine Clauzet. En 1977, Claude Bonnefoy qui est critique littéraire aux Nouvelles littéraires et à La Quinzaine littéraire décide d'inventer un faux écrivain. Ce projet va rencontrer le désir de Paul Flamand (directeur des éditions du seuil) et de Denis Roche (directeur de la collection des écrivains de toujours) de monter un canular littéraire et de créer l'évènement. A l'occasion du 100e numéro de la collection des écrivains de toujours, entre Dickens et Bataille, le Seuil fait donc paraître en avril 1978 un Marc Ronceraille constitué d'un assemblage de coupures de presse et d'articles critiques consacrés à l'auteur. Le tout coordonné par Claude Bonnefoy qui est en fait l'auteur de l'intégralité de cet appareil critique... Le livre retrace le parcours d'un jeune auteur prometteur mort tragiquement au cours d'un accident de montagne, auteur de recueils de poèmes et d'un roman l'Architaupe qui aurait obtenu quatre voix au Goncourt... Un auteur qui sortait beaucoup, publicitaire, un homme qui plaisait aux femmes et qui vivait une liaison orageuse et médiatique avec une jeune actrice... Ce livre dresse ainsi le portrait d'un auteur à succès potentiels, un auteur qui écrit "à la manière de" Duras, Perec, des surréalistes, du Nouveau Roman ; un auteur remarqué par la critique, critique structuraliste, critique lacanienne, critique textuelle, critique classique de la Sorbonne, etc. A sa façon, ce livre dresse donc un portrait du paysage critique et littéraire de la fin des années 70, d'une manière délicatement ironique et critique. Il prend place à un tournant de la critique et de l'écriture, juste avant le retour du récit. C'est donc un canular qui avait tout pour marcher, un faux auteur et un contenu légèrement polémique, un livre relayé par la presse et la télévision. Et pourtant c'est un canular oublié, un canular qui n'a pas fait scandale, qui a rencontré peu d'échos. Un coup dans l'eau.
      • 01/07/2008, Marc Ronceraille, serialpoet
        Contient un extrait sonore de l'entretien de Claude Bonnefoy avec Bernard Pivot, à Apostrophes.
      • 08/02/2010, Bernard-Henri Lévy, Vive Jean-Baptiste Botul ! Pour Lacan et contre l'évaluation. De qui se moque Olivier Besancenot ?, La Règle du Jeu
        Eh oui. Ce livre de Jean-Baptiste Botul, paru en 2004 aux éditions des Mille et une Nuits et intitulé La vie sexuelle d'Emmanuel Kant (titre génial !), je l'ai souvent cité. Je l'ai commenté devant les Normaliens de la rue d'Ulm, le 6 avril dernier. Et je l'évoque donc, à nouveau, dans De la guerre en philosophie qui est le fruit de cette conférence. Or il s'avère que c'était un canular. Un très brillant et très crédible canular sorti du cerveau farceur d'un journaliste du Canard Enchaîné, au demeurant bon philosophe, Frédéric Pagès. Et je m'y suis donc laissé prendre comme s'y sont laissés prendre, avant moi, les critiques qui l'ont recensé au moment de sa sortie ; comme se laissés prendre, autrefois, Pascal Pia et Maurice Nadeau au faux Rimbaud inventé par Nicolas Bataille et Akakia-Viala ; et comme se sont laissés prendre tant de lecteurs émérites aux faux Gary signés Ajar ou au faux Marc Ronceraille inventé, de toutes pièces, par Claude Bonnefoy qui alla jusqu'à lui consacrer un volume de la prestigieuse collection Ecrivains de toujours. Du coup, une seule chose à dire – et de bon coeur. Salut l'artiste. Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu'il soit donc signé Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d'un Kant (ou, en la circonstance, d'un Althusser) tourmenté par des démons moins conceptuels qu'il y paraît. Le canular étant, comme vous savez, une tradition normalienne j'avoue même éprouver un certain plaisir à m'être laissé piéger, à mon tour, par une mystification aussi bien ficelée.
      • 09/02/2010, Impostures littéraires : des trafics de mots et des écrivains fantômes, AFP
        Dans les années 70, c'est un critique respecté des Nouvelles littéraires, Claude Bonnefoy, qui monte un canular fameux. Il imagine la vie et l'oeuvre de Marc Ronceraille, jeune écrivain prometteur et provocateur, supposé disparu à 32 ans, dans un accident.
        Bonnefoy fait passer l'un de ses amis pour le beau Ronceraille, l'emmène dans les cocktails, lui invente un passage à l'émision Apostrophes ou encore une liaison avec une actrice. En 1978, Bonnefoy publie un Ronceraille où il décortique l'oeuvre de sa créature. A sa sortie, le livre fait sensation et nombre de critiques sont dupes. Il monte même un canular dans le canular. Ronceraille aurait en fait dérobé les manuscrits d'un de ses amis d'enfance, mort dans un hôpital psychiatrique.
      • 09/02/2010, Impostures littéraires : des trafics de mots et des écrivains fantômes, Le Point
        Dans les années 70, c'est un critique respecté des Nouvelles littéraires, Claude Bonnefoy, qui monte un canular fameux. Il imagine la vie et l'oeuvre de Marc Ronceraille, jeune écrivain prometteur et provocateur, supposé disparu à 32 ans, dans un accident. Bonnefoy fait passer l'un de ses amis pour le beau Ronceraille, l'emmène dans les cocktails, lui invente un passage à l'émision Apostrophes ou encore une liaison avec une actrice. En 1978, Bonnefoy publie un "Ronceraille" où il décortique l'oeuvre de sa créature. A sa sortie, le livre fait sensation et nombre de critiques sont dupes. Il monte même un canular dans le canular. Ronceraille aurait en fait dérobé les manuscrits d'un de ses amis d'enfance, mort dans un hôpital psychiatrique.
      • 12/02/2010, Michel Winock, Les mystificateurs, L'Histoire
        Pour le centième numéro de la fameuse collection Les écrivains de toujours, Paul Flamand, directeur du Seuil, publia un Marc Ronceraille, agrémenté, comme le voulait la série, de morceaux choisis et d'illustrations photographiques. Ronceraille était un prétendu poète mort en 1973 dans un accident de montagne ; il laissait derrière lui une œuvre poétique délicate, dont Runes était le recueil le plus connu, et aussi un roman, L'Architaupe, qui avait obtenu quatre voix au Goncourt. Les libraires furent un peu étonnés mais sans oser avouer leur ignorance d'un écrivain aussi remarquable. En apprenant le canular, quelques-uns exprimèrent leur indignation.
      • 2011, Dominic Ouellet, La duplicité à l'œuvre : la mystification dans "L'abrégé d'histoire de la littérature portative et Bartleby et compagnie" d'Enrique Vila-Matas, Mémoire Université du Québec, p.11
        La défunte collection Écrivains de toujours des Éditions du Seuil a présenté, depuis sa création au début des années 1950 jusqu'à sa disparition dans les années 1980, la vie et l'œuvre de différents écrivains. Bien qu'elles parussent sous le titre emblématique d'X par lui-même, ces biographies étaient écrites non pas par le biographié mais par un fin connaisseur de l'œuvre de l'écrivain, parfois un ami ou un admirateur, et illustrées par une riche iconographie. Le livre qui devait souligner le centième numéro de cette collection, intitulé Ronceraille par lui-même, fit couler beaucoup d'encre au moment de sa sortie. L'objet biographique constitué par Claude Bonnefoy était en fait une farce destinée à se moquer d'une certaine intelligentsia française. Ce Marc Ronceraille, soi-disant auteur d'un roman intitulé L'architaupe et qui serait mort tragiquement dans un accident en 1973 à l'âge de 32 ans, n'a jamais existé, comme le dévoila un célèbre animateur de télévision à sa non moins célèbre émission.
      • 01/04/2018, A propos du canular sur l'écrivain fictif Marc Ronceraille : "A l'époque Il y avait une espèce d'atmosphère qui étouffait le roman", France-Culture
      Biographie fictionnelle
      • Été 2005, Simon Fournier, «La genèse de la biographie fictionnelle selon la théorie des actes de discours», Canadian Aesthetics Journal / Revue canadienne d'esthétique
      • 2006, Nathalie Piégay-Gros, «Fiction et érudition» in "Les enseignements de la fiction", Modernités Vol. 23, Presses universitaires de Bordeaux, p.39-51
      • 23 avril 2006, Bérenger Boulay, «Apologie d'un mauvais genre», Fabula
      • 2008, Robert Dion, Frances Fortier, «Biographies imaginaires, imaginaires de la biographie» in "Paroles, textes et images : Formes et pouvoirs de l'imaginaire", Figura, Université du Québec, p.49-72
      • 2010, Charline Pluvinet, «Disparaître dans la fiction - La traversée du miroir du ''Docteur Pasavento''», temps zéro nº 3

    Livres

    • Claude Bonnefoy, Le cinéma et ses mythes, Hachette, 1965
    • Claude Bonnefoy, Genet, Universitaires, 1965
    • Claude Bonnefoy, Entretiens avec Eugène Ionesco, Belfond, 1966 [Extraits]
    • Claude Bonnefoy, Apollinaire, Classiques du 20e siècle, 1969
    • Claude Bonnefoy, Écrivains illustres, Hachette, 1972
    • Claude Bonnefoy, Peintres illustres, Hachette, 1972
    • Claude Bonnefoy, La poésie française - Des origines à nos jours, Seuil, 1975 réédition 2001
    • Claude Bonnefoy, Tony Cartano et Daniel Oster, Dictionnaire de littérature française contemporaine, Delarge, 1977 réédition 1995
    • Claude Bonnefoy, Ronceraille, Seuil, 1978
    • Claude Bonnefoy, Panorama critique de la littérature moderne, Belfond, 1981 réédition 1998
    • Eugène Ionesco, Entre la vie et le rêve - Entretien avec Claude Bonnefoy, Gallimard, 1996
      Rêver c'est penser et c'est penser d'une façon beaucoup plus profonde, plus vraie, plus authentique parce que l'on est comme replié sur soi-même. Le rêve est une sorte de méditation, de recueillement. Il est une pensée en images. Quelquefois il est extrêmement révélateur, cruel. Il est d'une évidence lumineuse.
      Pour quelqu'un qui fait du théâtre, le rêve peut être considéré comme un événement essentiellement dramatique. Le rêve c'est le drame même. En rêve, on est toujours en situation. Bref, je crois que le rêve est à la fois une pensée lucide, plus lucide qu'à l'état de veille, une pensée en images et qu'il est déjà du théâtre, qu'il est toujours un drame puisqu'on y est toujours en situation.
      Vingt ans après ou presque. C'est en 1977, en effet, qu'Eugène Ionesco accorda ces Entretiens à Claude Bonnefoy. Malgré l'écart temporel, se dessine un Ionesco très proche, vivant, contradictoire, s'expliquant et s'interrogeant sur l'écriture théâtrale et romanesque, sur les liens entre le rêve, la création et la vie. A la fois sceptique et plein d'espoir, un homme en questions sur le rôle de la littérature et du théâtre dans la vie d'un écrivain, dans la vie d'un homme
      .
    • Pierre Brunel, La critique littéraire, QSJ PUF, 2001 p.39, 41, 81, 83, 107 [Amazon]
      C'est un lieu commun que de rappeler cette prétendue caractéristiques des Français : chez eux, la critique tournerait à l'esprit de critique. Cet ouvrage montre qu'il n'en est pas toujours ainsi, Il s'attache à analyser ce qui constitue moins une entreprise de démolition des œuvres littéraires qu'une patiente reconstruction.
      D'Aristote à Blanchot, en passant par Horace, Baudeleire et Paul Valéry, et jusqu'à la crise supposée de la critique contemporaine, Pierre Brunel retrace le parcours de ce véritable art du discernement
      .
    • Michel Foucault à Claude Bonnefoy, Gallimard, 2006 (livre audio)
      Qu'importe qui parle ? En cette indifférence s'affirme le principe éthique, le plus fondamental peut-être, de l'écriture contemporaine, écrivait Michel Foucault en 1969 dans Qu'est-ce qu'un auteur ? À cet effacement de l'auteur, le critique Claude Bonnefoy ne peut se résoudre : l'auteur du livre Les mots et les choses est un authentique écrivain, source et sens de son écriture. Pendant plusieurs heures, ce même printemps 1969, il questionne Michel Foucault devant un magnétophone. Foucault résiste puis confesse des secrets biographiques qu'il sait à l'œuvre dans son geste d'écriture. Claude Bonnefoy retranscrit l'intégralité de cet enregistrement. Ce texte n'a finalement pas été publié et dormait dans les archives du fonds Foucault à l'IMEC. Philippe Artières le retrouva et en proposa un extrait pour l'hommage rendu à Michel Foucault par le festival d'Automne 2004. Grâce à Laure Adler, cette confrontation entre Michel Foucault et Claude Bonnefoy fut superbement interprétée à France Culture par deux comédiens, Éric Ruf et Pierre Lamandé. Ce fragment ne sera pas abusivement intégré à "l'œuvre" de Michel Foucault. Document transgressif d'un débat d'époque, cette parole ne sera désormais accessible qu'interprétée par des comédiens.
      Lire aussi
      : Philippe Artières, «Prendre la parole - Éléments pour une audiographie de Michel Foucault», Sociologie et sociétés, Volume 38, numéro 2, automne 2006, p. 165-173
      .
    • Michel Foucault, Le beau danger - Entretien avec Claude Bonnefoy, EHESS, 2011
      Automne 1968 : Foucault, à l'invitation du critique Claude Bonnefoy, rencontre celui-ci à plusieurs reprises en vue d'un projet de livre. Ce n'est ni à un entretien, ni à un dialogue auquel les deux hommes se livrent, mais à un exercice de parole inédit ; Foucault pour la seule fois de sa vie donne à voir ce qu'il désigne comme "l'envers de la tapisserie", son propre rapport à l'écriture.

Sources

Annexes

Notes et Références

[1] La Quinzaine littéraire
[2] Encyclopaedia Universalis, Thesaurus 1, 1985, p.392-393
[3] Universalia, 1980 p.529
[4] La Quinzaine littéraire nº314, 01/12/1979
[5] Claude Bonnefoy, Panorama critique de la littérature moderne, Belfond, 1981 réédition 1998

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